.J'ai quelque chose à vous dire.
Non, je ne fais pas partie d'un groupuscule néo-nazi. Non, je ne milite pas pour le Parti Communiste. Et non, je ne m'interroge pas sur l'accouplement des taupes car je sais tout de la vie sexuelle de ce petit mammifère fouisseur de l'ordre des insectivores, qui crèche sous nos pieds dans les sols humides et meubles, en ruinant nos pelouses les plus verdoyantes.
.J'ai juste trouvé quelque chose de plus difficile à déclarer que l'amour.
C'est un peu comme dire « Je t'aime. » mais en ajoutant « pas » à la fin. Certes il n'y a qu'un seul mot à juxtaposer mais celui-ci est le plus important. Il ne faut surtout pas l'oublier, sinon c'est la cata, c'est la cata, c'est la catastrophe ! Nous pouvons, évidemment, faire plus classe. Par exemple, en préparant un vers ou deux, en alexandrins, histoire de montrer que nous sommes tout de même romantique :
« Ne veux-tu pas que je te présente mon pote ?
Il en a une un peu plus dodue, des carottes. »
Vers que nous pourrons chanter ou même slammer puisque c'est à la mode.
Nous avons le contenu de la déclaration, il faut désormais la mettre en scène. (L'interprétation que la personne en fera est très importante car elle participe à la bonne compréhension du discours, qui, grosso modo, signifie : « Va te faire cuire un ½uf, et si tu pouvais m'en apporter un avant de te casser pour de bon ce serait sympa. »)
Tout d'abord préparons notre individu au choc psychologique dont il va être victime. Pour cela, sur un ton solennel : « J'ai à te parler, mais plus tard, dans une heure environ. » Ce délai lui laisse le temps de réfléchir et d'envisager toutes les solutions possibles dans le but d'atténuer les souffrances post-traumatiques.
.J'ai juste trouvé quelque chose d'amusant en ne pensant qu'à moi.
Au moment venu, il faut prendre un air grave comme si nous annoncions au quidam le décès d'un de ses proches, je ne sais pas, son cochon d'Inde par exemple. Précisons que la période de réflexion est terminée et que nous allons tout déballer d'une seconde à l'autre. Respirons à fond et slammons en jouant avec nos mains, le jeu de mains est censé rassurer notre interlocuteur, alors les grands gestes violents avec des bras qui partent dans toutes les directions sont à éviter. Nous réservons les tentatives d'assassinat à notre cobaye*.
Enfin, ce dialogue peut engendrer deux situations diamétralement opposées :
1- Nous avons affaire à quelqu'un de très compréhensif et pas à un gros(se) lourd(e), passons notre chemin en nous excusant.
2- La scène risque d'être ultra violente. Protégeons nos yeux, ce serait con d'assister à un suicide, surtout à notre âge.
Dans le cas 1, il est souvent conseillé de sympathiser avec la personne quelques temps après l'incident (un numéro de téléphone supplémentaire dans l'agenda ne peut pas faire de mal).
Dans le cas 2, notre répertoire n'obtiendra pas de numéro supplémentaire, dommage.
Ou plus simple (et ça marche à tous les coups) : « Je suis homosexuel(le). »
N.B. : Fonctionne aussi en remplaçant « homosexuel(le) » par « serial killer/killeuse. »
*Il ne s'agit pas du cochon d'Inde mentionné plus haut.
.J'ai juste été un connard ; est-ce un crime ?.
Pardon aux familles tout ça... lalala
Une fois m'a suffit, plus jamais :S .Quentin.