Je t'ai surpris alors que tu cherchais quelqu'un. Quelqu'un pour jouer, quelqu'un pour te réchauffer, quelqu'un à manger. Je ne sais pas. Tu étais petit, j'étais grand. Tu étais en bas, j'étais en haut. Cela aurait pu suffire pour que tu te sois enfui. Pourtant, tu es resté, tu attendais. Le regard tout d'abord effarouché. L'écho de la fenêtre mécanique qui s'ouvre en trombe résonnant encore à l'intérieur de tes fragiles oreilles. Tu étais assis en bas, j'étais debout en haut. Je fixais tes yeux. Ils étaient verts. Ils étaient comme griffés, chacun d'une seule brillante griffure. Tu fixais les miens. Ils étaient bleus. Ils n'étaient pas comme les tiens. Tu en avais des mystérieux, j'en avais des cristallins. Chacun de nous était intrigué. Quelle curieuse découverte. Difficile pour moi de percer à travers ton regard. Je souris. J'ignore si tu as compris ce que cela signifiait. Tu as cligné des yeux. Peut-être n'ai-je pas compris ce que cela voulait dire pour toi. Nous étions plus détendus maintenant. Séquence contemplative. Je pense que tu as su déchiffrer mon regard. Tu as deviné que j'étais un ami. Tu n'étais plus méfiant envers moi. Tu te détachais parfois de mes yeux pour vérifier si le danger ne venait pas alentours : à gauche, mes yeux, à droite, mes yeux, à gauche, mes yeux, à droite...
Quant à moi, je cherchais également le péril. Mais je faisais semblant car je savais très bien qu'il ne pouvait rien m'arriver : à gauche, tes yeux, à droite, tes yeux, à gauche, tes yeux, à droite...
Mes poils se sont hérissés, je frissonnais. Tu as cligné des yeux. J'ai découvert en toi quelqu'un de curieux. Je t'avais déjà aperçu dans le quartier. Mais je n'avais jamais fait attention à toi, à tes yeux et à ton charme. Toi non plus d'ailleurs...
Puis tu t'es lassé. Mes yeux n'étaient certainement pas assez captivants, sûrement pas assez vivants et définitivement pas assez dévorants. Tu es parti en faisant le tour de cette voiture. Et comme j'avais du mal à te voir, j'ai tendu un peu plus mon cou à travers la fenêtre et j'ai constaté quelque chose qui m'a fait sourire, et même rire : tu t'étais retourné, comme pour voir si je m'accrochais, si je ne t'avais pas déjà oublié. Au moment où je relate cette futile rencontre, tu ne sais même plus que j'existe. Ta mémoire le permet-elle seulement ?
En tous cas, je ne claquerai plus dans mes mains quand tu viendras te promener dans mon jardin, le chat. (En plus c'est le chat rose que t'aimes tant mon pote ^_^')
Quentin
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Online seit Samstag, 12. August, 2006 um 10:42
Geändert am Montag, 23. Juli, 2007 um 11:08