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Tinquetique-tinquetinque était un jardinier vivant reclus dans un petit cottage à proximité du village d'Accodaque-daccodaque. Sa vocation, Tinquetique-tinquetinque la tenait de ses mains. Elles étaient les plus vertes de toute la contrée. Les habitants d'Accodaque-daccodaque, les Accodaque-daccodaquois, ne s'étaient jamais aperçus de son talent car ils préféraient se tenir à l'écart du monstre aux mains virides... C'est pour cette raison que Tinquetique-tinquetinque vivait dans une profonde solitude et n'avait comme confidents que ses seuls amis : les végétaux. La cerise rougissait de ses caresses amoureuses, la mirabelle violetait de la cannelle et du miel qu'il offrait du bout de ses doigts et l'églantine rosissait des baisers déposés à l'appendice de ses épines. Il ne faisait qu'un avec la nature, d'où le rejet de ses concitoyens.
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Un matin d'été, alors que Tinquetique-tinquetinque contemplait, à travers le vitrail terni de sa fenêtre, le monde extérieur, une hallucinante lueur obligea ses paupières à ciller plusieurs fois avant de ne se fermer, épuisées. De nature malgré tout curieuse, il bondit hors de son nid. Dehors, il s'aperçut que la lumière émanait d'un buisson sur lequel poussaient ses baies préférées ; c'était un mûrier sauvage. Une étoile s'était-elle décrochée du ciel ? Avait-elle été emportée par la fine rosée du matin ? Il s'approcha, prudemment et en plissant les yeux, du fantasmagorique phénomène. Quel ne fut pas son ravissement quand il découvrit, si harmonieusement déposée sur la plus belle mûre de l'arbuste, une bellissime coccinelle. A la lumière plus douce maintenant, il effleura de ses doigts verdoyants le fruit sur lequel se tenait la bête à bon dieu. Le charme s'opéra. Inconsciemment, Tinquetique-tinquetinque se rapprocha de la créature, un pas, deux pas, trois pas... Un baiser fut abandonné par la coccinelle sur ses lèvres, pudiques : « Prends soin de cette arbre, je reviendrai. », dit-elle. Elle disparut comme elle était apparue, dans un tourbillon de splendeur.
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« Il ne faut pas perdre une seule seconde, le mûrier doit être à la hauteur pour son retour. », se surprit à soliloquer Tinquetique-tinquetinque. Il se mit à la tâche dès qu'il eut fini de faire ses plans, et, en quelques heures le mûrier flamboyait de majesté à tel point que la jalousie des autres végétaux était palpable. Seulement, à la fin du jour, son amour n'était toujours pas revenu et Tinquetique-tinquetinque alla se coucher, dépité mais fermement décidé à prolonger son travail. Il répéta sans cesse ce manège et était devenu le valet de sa seigneurie. Tandis que le mûrier sauvage prenait des airs de noblesse, le reste du verger demandait l'aumône. Ainsi, une vie toute entière semblait s'être déroulée depuis l'apparition de la reine de son c½ur, et les couleurs, jadis pétillantes, du plus vivant des jardins d'Accodaque-daccodaque s'étiolaient... Seul le mûrier demeurait chaleureux.
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« Ne reviendra-t-elle jamais ? Elle qui sut si bien geler mon c½ur ? Badauds, prenez le temps de contempler mon jardin, il est à l'image de mon c½ur fané. Ce baiser, si doux fut-il, anima en moi la flamme qui consuma mon jardin. »
All apologiesQuentin